Pierre-Jean David d’Angers (1788-1856)
Victor Hugo à l’âge de trente-cinq ans
Circa 1838
Buste en hermès en plâtre patiné
Dédicacé, signé et daté “ A VICTOR HUGO / SON AMI P.J. DAVID / 1837 ” Porte le numéro “ S 128 ” à l’encre à l’intérieur
H. 76 cm
Provenance : Offert par le sculpteur à Louis Pavie (1782-1859) ; Succession de Mme Voisin Chasles, descendante de Louis Pavie ; Sa vente à Angers du 13/06/1994.
Estimate : 40.000 / 60.000 €
Hammer Price :
N° de lot : 65
-F. Baron, Musée du Louvre, Département des Sculptures du Moyen Age de la Renaissance et des Temps modernes, Sculpture française, t.1, Moyen Age, Paris, 1996, t.1, médaillon en bronze profil à droite de Victor Hugo répertorié sous le n° RF 3041, p. 202.
Œuvre en rapport :
-David d’Angers, Buste de Victor Hugo, 1837, terre cuite, dédicacé, signé et daté « A SON AMI / VICTOR HUGO /. P.J. DAVID D’ANGERS / 1837 », H. 66 x L. 39,5 x P. 35 cm, Angers, galerie David d’Angers, inv. MBA 838.19.
Importante figure angevine, le poète, écrivain et libraire Louis Pavie compte parmi les amis intimes de David d’Angers. Il dirige l’un des tous premiers journaux d’Angers, les Affiches d’Angers, de 1811 à 1835 et occupe également différentes fonctions politiques. Il est ainsi membre du conseil municipal de 1820 à 1826 puis maire-adjoint de 1826 à 1830. En 1839, il est en outre à l’origine de la création de la Galerie David d’Angers, qui présente un exemplaire de chaque modèle produit par l’artiste. Louis Pavie entretient une correspondance épistolaire avec l’artiste tout au long de sa vie. Ce témoignage littéraire laisse autant apparaitre le processus créatif du sculpteur que les idées politiques et les idéaux humanistes partagés entre ces deux chantres républicains.
La sculpture que nous présentons est particulièrement remarquable dans la mesure où elle met en évidence le rôle joué par Louis Pavie dans la rencontre du sculpteur avec Victor Hugo. C’est lui qui présente Hugo à David d’Angers en mai 1827. Si le musée David d’Angers conserve la version en terre cuite de ce portrait, ce plâtre semble être le seul exemplaire connu portant ces mêmes signatures, dates et dédicaces. Le poète et le sculpteur s’estiment et se côtoient régulièrement. Hugo apprécie l’homme et l’artiste qu’il considère comme « un poète du marbre ». Dès 1827 David représente Hugo sur un relief du piédestal de son monument au général Foy et en 1828 il fait son portrait en médaillon. Dix ans plus tard, le sculpteur immortalise Victor Hugo et modèle un buste dont l’expressivité révèle la force intérieure du poète visionnaire. La cravate négligemment nouée, le regard perdu sous un front monumental, l’écrivain nous est donné à voir comme l’incarnation du génie romantique. Hugo apprécie l’hommage et remercie David : « sous cette forme magnifique, mon ami c’est l’immortalité que vous m’envoyez… Vous êtes un homme admirable et je vous aime ».

