École BOURGUIGNONNE de la seconde moitié du XVème siècle

Priant

Pierre calcaire
Manques, accidents et restaurations (notamment partie supérieure de la tête et mains)

H. 81 cm

Provenance : hôtel particulier, Semur-en-Auxois

Estimate : 6.000 / 8.000 €

Hammer Price :

N° de lot : 83

Related literature :- J. Baudoin, La sculpture flamboyante en Bourgogne et Franche-Comté, Nonette, Créer, 1996 ;
- P-Y. Le Pogam et Sophie Jugie, La sculpture gothique : 1140-1430, Vanves, Hazan, 2020 ;
- B. Maurice-Chabard, S. Jugie et J. Paviot, Miroir du prince : 1425-1510 : la commande artistique des hauts fonctionnaires à la cour de Bourgogne, cat. exp. Chalon-sur-Saône, Musée Vivant Denon ; Autun, Musée Rolin, 5 juin - 19 septembre 2021, Autun Chalon-sur-Saône Gand, Musée Rolin Musée Vivant Denon Snoeck, 2021.

Œuvre en rapport :
– Bourgogne, premier quart du XVIème siècle, prêtre en donateur, pierre calcaire avec traces de polychromie, H.38 cm, église Sainte-Anne, Maconge.

L’iconographie des portraits en oraison a connu un grand succès à la cour de Bourgogne au XVème siècle, comme l’illustrent si brillamment dans le domaine de la peintre, le panneau de la Vierge à l’Enfant au Chancelier Rolin de Jan Van Eyck conservé au Louvre (vers 1434, n°inv. 1271) et dans la statuaire, ceux du duc et la duchesse de Bourgogne, Philippe le Hardi et Marguerite de Flandres exécutés par Claus Sluter pour le portail de la Chartreuse de Champmol à Dijon (ca 1393). Cette typologie particulière s’inscrivant plus particulièrement dans la sculpture funéraire (sous forme de priant) se diffuse d’abord dans les milieux proches du pouvoir ducal – princes, hauts magistrats, chanoines – avant de toucher les élites urbaines. Ces dernières y trouvent un langage visuel efficace pour associer prestige, mémoire et dévotion. Ces riches commanditaires se font également représenter, dans des dimensions réduites, au pied de figures saintes, traditionnellement leurs saints patrons. De taille importante, notre commanditaire est ici sculpté dans un bloc de pierre calcaire en plein relief, agenouillé et les mains en prière dans une attitude de profond recueillement. Sa tunique et ses différents accessoires – l’aumônière à clous, la ceinture et le bâton ouvragé- révèlent son haut statut social. Bien qu’en partie restauré, son visage, tout autant que le traitement des plis de son vêtement traduisent la recherche de réalisme propre à l’École bourguignonne de la seconde moitié du XVe siècle, à l’instar du prêtre en donateur de l’église de Sainte-Anne de Maconge, dont notre œuvre est très proche stylistiquement.

Saturday 31 January 2026 Daguerre Semur-en-Auxois
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