Attribué à l’atelier Lazzareni, Carrare, fin du XIXème siècle dans l’esprit tardo-baroque
Buste d’un gentilhomme d’après Hyacinthe Rigaud (1659-1743)
Marbre de Carrare
H. totale (avec piédouche) 135 cm x largeur 78 cm sur une colonne en marbre
Provenance : ancienne collection Ferdinand Bischofsheim, Paris, par descendances
Estimate : 10.000 / 20.000 €
Hammer Price :
N° de lot : 101
Related literature :-Douglas Lewis, National Gallery of Art,Washington, « A Series of historicizing busts of the nineteenth century, Ss dir. Miziołek, Jerzy, in Falsifications in Polish collections and abroad, Varsovie, 2001, pp.161-173 et suivantes.
-Pasquale Focarile, Allestimente di ritratti e narrative storico genealogiche nei palazzi fiorentini, ca. 1650-1750 ; Fondazione 1563 per l’Arte e la Cultura. Collana Alti Studi sull’Eta e la Cultura del Barocco, V.Il Ritratto (1680-1750), 2017 ;
- Ariane James Sarazin, Catalogue raisonné Hyacinthe Rigaud 1659-1743, édition Faton, red.2016, vol.2 n°P1185: Neri Maria Corsini, p.293.
-Pasquale Focarile, Allestimente di ritratti e narrative storico genealogiche nei palazzi fiorentini, ca. 1650-1750 ; Fondazione 1563 per l’Arte e la Cultura. Collana Alti Studi sull’Eta e la Cultura del Barocco, V.Il Ritratto (1680-1750), 2017 ;
- Ariane James Sarazin, Catalogue raisonné Hyacinthe Rigaud 1659-1743, édition Faton, red.2016, vol.2 n°P1185: Neri Maria Corsini, p.293.
Œuvres en rapport :
-Hyacinthe Rigaud, Portrait du marquis Neri Maria Corsini, (entre 1709 et 1713), 1710, huile sur toile, dim 115×90 cm, Florence, Palazzo Corsini ;
-Giovacchino Fortini, Ferdinando de’ Medici of Tuscany (1633 – 1713), marbre, porte une inscription latine sur le cartouche ET/LUCET/ET/TERRET/ , H. 139 cm, Lady Lever Art Gallery, National Gallery of Liverpool, n°inv. LL203;
-Attribué à Giovacchino Fortini, Buste de Ferdinand III de Médicis, marbre, dim.111 x 94 x 54 cm , château de Castries (Hérault) ;
-Atelier Lazzareni, Philippe, Duc d’Orléans, seconde moitié du XIXème siècle, buste en marbre, dim. 81.3 x 68.7 x 41.5 cm, Samuel H Kress Collection, National Gallery of Art Washington, n°inv.1943.4.88;
-XIXème siècle d’après François Girardon, Le Grand Dauphin, buste en marbre, dim. 96,5 x 68,6 cm, Norton Simon Foundation, Pasadena, n°inv.F.1965.1.111.S.
-Hyacinthe Rigaud, Portrait du marquis Neri Maria Corsini, (entre 1709 et 1713), 1710, huile sur toile, dim 115×90 cm, Florence, Palazzo Corsini ;
-Giovacchino Fortini, Ferdinando de’ Medici of Tuscany (1633 – 1713), marbre, porte une inscription latine sur le cartouche ET/LUCET/ET/TERRET/ , H. 139 cm, Lady Lever Art Gallery, National Gallery of Liverpool, n°inv. LL203;
-Attribué à Giovacchino Fortini, Buste de Ferdinand III de Médicis, marbre, dim.111 x 94 x 54 cm , château de Castries (Hérault) ;
-Atelier Lazzareni, Philippe, Duc d’Orléans, seconde moitié du XIXème siècle, buste en marbre, dim. 81.3 x 68.7 x 41.5 cm, Samuel H Kress Collection, National Gallery of Art Washington, n°inv.1943.4.88;
-XIXème siècle d’après François Girardon, Le Grand Dauphin, buste en marbre, dim. 96,5 x 68,6 cm, Norton Simon Foundation, Pasadena, n°inv.F.1965.1.111.S.
En 2001, le conservateur des sculptures de la National Gallery of Art de Washington Douglas Lewis publie une étude inédite d’un ensemble de bustes en marbre « historicisants » de la fin du XIXᵉ siècle considérés jusque-là comme des portraits baroques authentiques de dignitaires français de la fin du XVIIᵉ et du début du XVIIIᵉ siècles. En établissant un catalogue raisonné de cinq types principaux regroupant une vingtaine d’exemplaires conservés dans de célèbres institutions culturelles internationales, il retrace pour chacun sa première apparition documentée autour des années 1910, ses provenances, les identifications successives (et contradictoires) et leurs variations. Le chercheur souligne l’association d’éléments iconographiques clairement imités de la statuaire française sous Louis XIV avec un style beaucoup plus proche du baroque italien. Ces incongruités concernent notamment la présence de cartouches sur les piédouches imitant des prototypes florentins alors que les costumes sont typiquement à « à la française ». Il argumente la datation tardive des œuvres par la présence de motifs mal compris et incohérents sur des tissus striés de manière uniforme, par des traits du visage anecdotiques ne permettant pas d’identifier précisément des personnages qui sont tous affublés de perruques aux boucles épaisses et assez stéréotypés. L’auteur attribue cette série de bustes au très réputé atelier des Lazzarini fondé par Francesco Lazzarini (1748-1808). Reconnu pour sa grande maîtrise de la taille du marbre, cet atelier installé à Carrare se serait spécialisé dans le « néo‑baroque royal » pour le marché international à partir des années 1870–1890. En exploitant des estampes et des portraits gravés comme sources iconographiques, il aurait produit une véritable galerie de « dignitaires » imaginaires, vendus comme bustes de cour français du règne de Louis XIV à de grandes collections européennes et américaines au tournant du XXème siècle (Doria-Pamphili à Rome, Jablonna près de Varsovie, collection Samuel H Kress à Washington). Notre buste partage avec les autres œuvres de cette série l’ensemble de ces caractéristiques distinctives. L’œuvre ne reprend toutefois aucun des modèles répertoriés jusque là et inaugure un sixième type partagé avec un autre exemplaire conservé dans la fameuse Galerie dorée de la Banque de France à Paris. S’il se rapproche dans les traits du personnage d’un buste identifié comme Ferdinand III de Médicis attribué au sculpteur florentin Ferdinando Fortini conservé à Liverpool, c’est du magistral portrait de Neri Maria Corsini peint en 1710 par l’artiste français Hyacinthe Rigaud que s’inspire ce spectaculaire buste néo-baroque.
(Nous remercions très respectueusement la Comtesse Lucrezia Corsini Miari Fulcis de nous avoir reçu au Palais Corsini à Florence pour mener cette recherche.)

