LES INDISCRÉTIONS D’ALBERTO SAVINIO

GAZETTE DROUOT n° 9
Vendredi 06 mars 2026

Cette intrigante scène due au peintre d’origine italienne dominait une session où brillaient aussi Camille Claudel, Victor Charreton et la maison Cartier. Analysée dans la Gazette n° 6 (page 112), cette tempera sur toile signée par Albert Savinio s’intitule Conversation devant le paravent. À défaut de discrétion, cette séquence surréaliste ne passait pas inaperçue, puisque suivie par plusieurs acheteurs en salle rivalisant avec neuf téléphones internationaux. Elle était enlevée pour 451 400 €, à partir d’une estimation haute de… 11 000 €. Il faut avouer que la provenance sans reproche de l’œuvre – acquise dans les années 1920 auprès de l’artiste, et restée dans la même famille depuis – n’y était pas pour rien. Plus abordable avec 10 370 €, un bronze à patine brune signé Camille Claudel montrait un Vieil Aveugle chantant. Modèle créé en 1894, il s’agit ici d’une fonte posthume portant le cachet du fondeur « Cire perdue Delval » et numéroté « I/IV » (h. 10 cm). On le retrouve dans le catalogue raisonné de l’artiste par Reine-Marie Paris et Philippe Cressent (5e édition, Economica, 2019) sous le n° 91-1. De saison, un tableau de Victor Charreton représentait une Maison sous la neige, brossée à l’huile sur carton (37 x 45 cm), et attirait 8 296 €. On se tournait ensuite vers l’orfèvrerie, et en particulier vers une élégante boîte à cigarette en or jaune de la maison Cartier, ciselée de filets, et munie d’un bouton de préhension serti d’un saphir ovale cabochon, enlevée pour 19 525 €. Celle-ci est par ailleurs présentée dans un coffret en cuir rouge et fers dorés (période 1847-1919, 10 x 6,5 cm, poids brut 194,33 g). D’Henri Lappara, une ménagère en argent massif (poids 7,766 kg), du modèle « oves » et de 198 pièces, a aussi inscrit ces 15 146 €.

ALBI, SAMEDI 21 FÉVRIER. HÔTEL DES VENTES DU TARN OVV. CABINET LACROIXJEANNEST.

 

05 mars 2026