La sculpture au service du sacré

Gazette Drouot n°16
Vendredi 24 avril 2026

De l’Étrurie à l’Australie, la sculpture était notamment célébrée par des objets provenant de la collection Charles Ratton. Les œuvres sculptées les plus prisées étaient celles passées entre les mains de Charles Ratton (1895-1986). Accueillant un kouros et un satyre sur son fût, le thymiaterion étrusque en bronze (h. 63 cm) du tournant du V e siècle avant notre ère (voir Gazette n° 14, page 51) gagnait la première place en diffusait ses parfums moyennant 156 000 €, au quadruple de l’estimation haute. Un succès similaire attendait le second objet, cette tablette sacrée aborigène disputée jusqu’à 153 400 €. Bordée de lignes parallèles gravées, chaque face aligne trois cercles concentriques entourés de petites empreintes évoquant les trois doigts des émeus ou des casoars. Ces motifs agissent comme des « déclencheurs mnémoniques » pour les initiés connaissant leur histoire, généralement liée aux mythes de la création du monde transmise par les anciens. Retour en Europe avec la beauté du marbre, façonné en jardinière (39 x 77 x 51 cm) par un artiste français ou italien à la fin du XVIII e siècle et dont les prises à têtes de bouc séduisaient à 70 200 €. Debout et en ronde bosse, un lion (79 x 127 x 42 cm) transalpin du siècle précédent était adopté à 58 500 €, malgré ses pattes coupées. Taillé dans une pierre marbrière aux nuances jaunes et gris clair – du type de celle d’Istrie –, il arbore un mufle de style classique à l’antique, encadré d’une crinière à larges mèches bouclées. C’est un marbre rosé veiné de gris – de type Candoglia – qui a été choisi pour le Martyre de saint Sébastien (82 x 27 x 20 cm), une ronde-bosse attribuée à Girolamo Viscardi (1467-apr. 1522) et probablement réalisée avant son installation à Gênes, en 1480. 41 600 € étaient prononcés pour cette œuvre à rapprocher du saint Sébastien sculpté par l’artiste pour le tombeau des ducs d’Orléans, dans la basilique de Saint-Denis. Le buste de Guy JeanBaptiste Target, avocat au Parlement (1733-1807) (voir Gazette n° 14, page 44) immortalisé par Martin-Claude Monot (1733-1803) ne trouvait pas preneur.

MARDI 14 AVRIL, SALLE 2 – HÔTEL DROUOT. GIQUELLO OVV. CABINETS LACROIX – JEANNEST, MM. MEYER, BRESSET.

29 avril 2026