Pays-Bas méridionaux, second tiers du XVIème siècle

Vertu théologale : la Charité ou Vierge à l’Enfant accompagnée de Saint Jean

Statuette en fort relief en albâtre
Accidents et restaurations (notamment partie inférieure des nuages et tête de la jeune femme)

H. 29,5 cm, sur un socle en marbre beige veiné rapporté

-

Estimation : 2.500 / 3.000 €

Prix au marteau :

Littérature en rapport :-Aleksandra Lipinskà, Moving Sculptures,Southern  Netherlandish alabasters from the 16th to 17th Centuries in Central and Northern Europe,vol.II,  Brill, Leiden, Boston, 2014;

-Ethan Matt Kavaler, Frits Scholten, Joanna Woodall, Netherlands Sculpture of the 16th Century, Brill, Leiden-Boston, 2017.

Lot 177

 

Œuvres en rapport :

-Cercle de Jacques du Broeucq, Pays-Bas méridionaux, la Charité, albâtre, H. : 61 cm USA, Saint Louis Art Museum, n°inv.64 :1928 ;

– Cercle de Jacques du Broeucq, Pays-Bas méridionaux, la Charité, albâtre avec traces de dorure, H. : 54cm, USA, Metropolitan Museum of New York, n°inv.65110.

 

Cette délicate statuette en albâtre est un rare témoignage de la production des Pays-bas méridionaux à l’époque de la Renaissance, comme l’attestent certains détails du costume et de la coiffure de la jeune femme qui s’inspirent de la mode des années 1520-1530. L’influence du maniérisme italien se substitue alors de plus en plus au style tardo-gothique, au point qu’il est difficile d’être affirmatif quant à l’iconographie de cette œuvre. Il semble bien qu’il s’agisse d’une Vierge à l’Enfant accompagnée de saint Jean. L’attitude de l’Enfant prêt à dégager le sein de sa mère et la présence d’une nuée de nuages sur laquelle est assise la Vierge le laissent supposer.  Cependant cette composition à la mode contemporaine pourrait tout autant représenter l’allégorie de la Charité. Cette vertu théologale correspond à une thématique fort prisée permettant d’aborder un thème fort prisé à la Renaissance. Réalisée en albâtre – un matériau coûteux et recherché dans le cadre de grandes commandes par les ateliers des Pays-Bas méridionaux-, cette œuvre laisse planer le doute sur sa fonction.

Délicatement sculptée, animée par les volumes des nuées et les plis des drapés, cette sculpture présente des traits du visages et un profil qui rappellent le style de l’artiste originaire de Metz, Jean Mone (1500-1548), sculpteur officiel de la Cour de Charles Quint à Malines. Plus encore, la composition générale, le traitement de la coiffure, la dextérité de la technique laissent penser que l’artiste a pu être en contact avec Jacques du Broeucq (1505-1584) dont on connait un certain nombre d’œuvres traitant de ce sujet..

06 octobre 2020 Daguerre Hôtel Drouot, salle 4
Voir le diaporama