Ecole vénitienne de la fin du XVIIème siècle d'après l'antique

Portrait d’un romain inconnu dit Pseudo Vitellius, d’après le buste antique de la collection Grimani à Venise

Buste en marbre blanc
Quelques petits éclats, possible restauration de la partie inférieure gauche de l'armure

H. 74 cm - L. 64 cm sur un piédouche en marbre

-

Estimation : 15.000 / 20.000 €

Prix au marteau : 25.200 €

N° de lot : 275

Littérature en rapport :-J-R Gaborit, « Le Vitellius de Venise » ou comment un Romain anonyme fut proclamé empereur », Ss Dir JP Cuzin, J-R Gaborit, A. Pasquier, D'après l'antique, cat.Exp 16 octobre 2000- 15 janvier 2001, RMN Paris, pp.298-311 ;
-A.N Zadoks-Josephus Jitta, 'A creative misunderstanting',in Nederlands Kunsthistorisch Jaarboek, vol ;23, 1972, pp.3-12 ;
-K. Lankheit, 'Eine Serie Antiken-Nachbildungen aus der Werkstatt des Massimiliano
Soldani', in Römische Mitteilungen 65 (1958) 186-197 ?

Oeuvres en rapport :
-Rome, début du IIIème siècle après JC, Romain inconnu, dit Vitellius, marbre grec, H.48 cm, au revers, inscription apocryphe : Felix Vibas, Venise, Museo Archeologico Nazionale, inv. N°20 ;
– École italienne vers 1530-1550, Pseudo Vitellius, buste en marbre, H.40 cm, Madrid, Museo del Prado, n°inv. E000361.

Ce buste en marbre de très belle qualité, improprement identifié comme étant l’empereur Vitellius, s’inspire d’un portrait d’homme romain découvert en 1505 lors de fouilles dirigées par le cardinal vénitien Domenico Grimani (1461-1523) sur le Quirinal. Dès la mort du cardinal, cette oeuvre est envoyée à Venise et exposée au Palazzo Ducale jusqu’en 1593. Considérée dès cette époque comme le portrait de l’empereur Vitellius, elle est largement copiée, notamment pour représenter cet empereur dans une série de bustes illustrant la Vie des douze Césars de Suétone. Le succès précoce de ce buste est attesté non seulement par le nombre de dessins, mais aussi par l’existence d’une fonte en bronze du XVIème siècle (musée archéologique de Venise) et de copies anciennes en plâtre (un exemplaire dans la Maison de Rubens à Anvers) et par une fameuse copie exécutée ensuite par le sculpteur Massimiliano Soldani Benzi (1656-1740) (Liechtenstein, collections princières n°563 entre 1695 et 1711-1712). Dans la seconde moitié du XVIIe siècle et au début du XVIIIe, un regain d’intérêt pour le portrait impérial romain (pouvant servir de miroir moral pour les princes) a contribué à la diffusion de ce portrait, prenant place dans les galeries princières. Comme dans beaucoup de copies, la nudité originelle du buste a été dissimulée par une cuirasse et un manteau agrafé sur l’épaule renforçant cette identification à l’empereur.

14 mai 2023 Oxio Saint-Ouen-Sur-Seine, France
Voir le diaporama