Auguste Rodin (1840-1917)

Portrait de Madame Cruchet, dit aussi « à la campagne »

Terre cuite
Exécutée vers 1865-1870, cette épreuve par estampage vers 1898-1900

H : 27 cm

Mme Maurice Fenaille née Marie Colrat (don de l’artiste sans doute vers 1898-1900) ; Par descendance aux propriétaires actuels

Estimation : 15.000 / 20.000 €

Prix au marteau :

Littérature en rapport :Œuvres en rapport :
-Auguste Rodin, Madame Cruchet, 1868, plâtre teinté, H.24,5 cm, n°inv ; S00191
- Auguste Rodin, Madame Cruchet, terre cuite, H. : 26,7 cm, San Francisco , California, Fine Arts museums of San Francisco, N°inv. 1933.12.22

Littérature en rapport
-Carrier-Belleuse Le Maître de Rodin, catalogue d’exposition, Compiègne, Palais, 22 mai – 27 octobre 2014 », RMN, Paris, 2014, pp. 130-145 ;
-Hémène Marraud, « Dons, dédicaces, échanges : Rodin au cœur de son œuvre, pp. 252- 254, sous dir. Catherine chevillot et Antoinette Le Normand-Romain, Rodin, le livre du centenaire, catalogue de l’exposition tenue à paris, Grand Palais, 22 mars-31 juillet 2017.

Signé « A. Rodin » au crayon à l’arrière.

Quelques griffures et usures.

Comme beaucoup d’artistes, Auguste Rodin commence par portraiturer ses proches avant de devenir un grand portraitiste reconnu dès les années 1880. Si son premier buste daté de 1860 représente son père, il modèle aussi les traits de personnes qui lui viennent en aide en guise de reconnaissance, comme c’est le cas du docteur Thiriar ou l’entrepreneur et décorateur Michel-Victor Cruchet, qui l’emploie pendant cinq ans avant son départ en Belgique.

 

Ce charmant buste petite nature en terre cuite appartient à une série à plusieurs variantes représentant l’épouse de cet homme qui est devenu l’un des premiers mécènes de l’artiste. Ce portrait exaltant la grâce féminine, réalisé pendant l’époque où Rodin travaille dans l’atelier d’Albert-Ernest Carrier-Belleuse témoigne de l’influence du grand maitre dont les bustes notamment ont connu un grand succès, représentatif du goût du Second Empire. Dans les œuvres de jeunesse de Rodin, cette influence de Carrier-Belleuse qu’Henry Nocq a décrit comme « l’empreinte (qui) a persisté malgré tout » est visible tant dans la technique que dans son style. On retrouve ainsi dans ce buste la dextérité du modelage du matériau allié au sens de l’anecdote pittoresque avec l’agrafe aux fleurs ornant la coiffure. Ce buste a un pendant quasi identique parfois appelé « à la ville » en raison de l’absence de fleurs dans la chevelure (C. Goldscheider, 1988, p.36-37, n°4).

Cette influence du réalisme carrier-belleusien trouve son paroxysme dans le dernier portrait de Madame Cruchet réalisé plus tardivement, en 1878, à une période où Rodin use de son expérience dans la représentation de portrait charmant ou de bustes de fantaisie ( A.Rodin, Bacchante, vers 1874, terre cuite , H. : 39,4 cm, signé A. Rodin, New York, The Metropolitan Museum of Art ). Cette œuvre, réalisée par estampage, a sans doute été exécutée entre 1898 et 1900, période pendant laquelle Auguste Rodin réalise à la demande du collectionneur et mécène Maurice Fenaille (1855-1937) le portrait en buste de son épouse, Marie Fenaille.  Rodin aime faire don aux femmes de son entourage d’épreuves de bustes modelés dans sa jeunesse, soutenant que leurs traits lui rappellent la beauté classique des sujets de ses jeunes années, tel le buste de la jeune fille au nœud autour du cou, 1868 (Aujourd’hui National Gallery, Washington – Inv. 1942.5.4) offert à la collectionneuse américaine Kate S. Simpson.

 

 

La vente initialement prévue le 25 mars 2020 est reportée à une date ultérieure conformément aux recommandations gouvernementales et pour soutenir les efforts pour contrôler l’épidémie du Covid-19.

16 juin 2020 Hotel Drouot Daguerre
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