Atelier de Jean-Antoine Houdon (1741-1828)

Madame Houdon, née Marie-Ange-Cécile Langlois (1765-1823)

Buste en plâtre
(Rayures et petits éclats en surface, accident au nez, restauration de la fixation au piédouche)

H. 73 cm

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Estimation : Vente à venir

Prix au marteau :

Littérature en rapport :-Georges Giacometti, La vie et l’œuvre de Houdon, vol. 1 et 2, Paris, A. Camoin, 1929, vol. 1 : p. 42 et p.169, vol. 2 : pp.74-75.
-Louis Réau, Houdon : sa vie et son œuvre, Paris, F. de Nobele, 1964, modèle répertorié sous le n°135, planches LXIV et LXV ;
-Hjorvardur Harvard Arnason, Jean-Antoine Houdon : le plus grand sculpteur français du XVIIIème siècle, Lausanne, Edita Denöel, 1976, modèle répertorié sous le n° 172 et planche 111 ;
-Anne Poulet, Jean-Antoine Houdon: sculptor of the Enlightenment, Washington DC, National Gallery of Art, University of Chicago Press, 2003, modèle répertorié sous le n°17, pp.133-136.

Œuvres en rapport :

-Jean-Antoine Houdon, Madame Houdon (1765-1823), plâtre original, H. 48 cm, Paris, musée du Louvre, inv. R.F.1391;

-Jean-Antoine Houdon, Portrait de Madame Houdon, circa 1786, terracotta, Pittsburgh, Frick Art & Historical Center, inv. 1973.3;

-Atelier de Jean-Antoine Houdon, Portrait de Madame Houdon, buste en plâtre, H : 58 cm, Collection Courty, vente Olivier Choppin de Janvry/Massol, Paris, 9 décembre 2002, n°67.

 

Le modèle représenté est Marie-Ange-Cécile Langlois peu avant les noces de mariage avec le sculpteur en juillet 1786. Mais c’est sous le titre Portrait de jeune fille que Houdon présente le buste en plâtre au Salon de 1787 sous le numéro 258. Le portrait, anonyme pour le public, rencontre un important succès de la part de la critique.

Le plâtre du Salon de 1787 conservé par la famille de l’artiste a été acheté par le musée du Louvre en 1905. Paul Vitry identifie alors la jeune femme comme la future épouse de Houdon grâce au célèbre tableau représentant l’atelier de Houdon peint par Boilly sur lequel on reconnait le buste de la jeune femme. Paul Vitry inscrit l’œuvre dans le corpus des portraits intimes du sculpteur.

Notre plâtre présente de nombreuses variantes avec les rares autres exemplaires répertoriés, en particulier dans l’agencement de la coiffure. Cette coiffure complexe, à la fois naturelle et sophistiquée, semble ici moins aboutie, encore à l’état de recherche. Certaines mèches manquent et d’autres sont juste mises en place par grandes masses sans le souci du raffinement que l’on connait dans les œuvres achevées de Houdon. L’empreinte est d’une belle nervosité, quoiqu’inégale par endroit et malgré quelques éclats. Ce portrait, plein de vérité et de vie, présente certains détails techniques laissant penser qu’il s’agirait sinon du plâtre original, tout du moins d’un état intermédiaire, d’un plâtre d’atelier, de travail. Ainsi, par exemple, ces traces accidentelles d’outils dans la chevelure, conséquences d’un démoulage hâtif d’un moule à creux perdu ; ou encore différents ajouts de mèches en plâtre frais à peine esquissées qui semblent être le fruit d’une réflexion pour la mise en place générale de la coiffure. Contrairement à l’exemplaire du Louvre qui a été décapé, notre plâtre présente son épiderme d’origine, on y décèle des traces d’outils, des hachures pour accentuer les ombres ou les creux. Les yeux présentent des incisions dans le coin des paupières, le lobe de l’oreille gauche est remodelé et rapporté et une partie des perles dans la chevelure ne sont qu’à peine notées, cubiques et schématiques. Le plâtre lui-même est dense, lourd, à l’instar du type de plâtre utilisé dans la sculpture au XVIIIème siècle. L’ensemble de l’œuvre laisse une impression d’intimité dans l’atelier, de recherches en cours qui fait un bel écho à la tendresse et au naturalisme de ce portrait familial.

26 mars 2021 Pescheteau-Badin Hôtel Drouot, salles 14 et 15
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