Camille CLAUDEL 1864-1943

L’Implorante

Modèle créé dans les années 1890
Edition en bronze par Eugène Blot entre 1905 et 1937
Bronze à patine brune nuancée de vert
Signé "C. CLAUDEL"
Porte le cachet du fondeur "BLOT" et le numéro 48 (sur 59)

H. 28,5 x L. 25 x l. 16,5 cm

Collection particulière

Estimation :

Prix au marteau :

Littérature en rapport :-Paul, Claudel, « Camille Claudel, statuaire », in L’Art décoratif ,n°193, juillet 1913, p.27 ;
-Anne Rivière et Bruno Gaudichon, Camille Claude. Catalogue raisonné. », 3e édition, Paris, 2001 ;
-Elisabeth Lebon, Dictionnaire des fondeurs, Marjon édition, Perth, 2003, pp.121-123 ;
- Camille Claudel. Au miroir d’un art nouveau , catalogue de l’exposition tenue à Roubaix, la Piscine - musée d’art et d’industrie André Diligent, 8 novembre 2014 au 8 février 2015 ;
-Camille Claudel : un trésor en héritage, Artcurial, catalogue de vente du 27 novembre 2017, Paris, p.38.

Œuvres en rapport :

-Camille Claudel, L’implorante, bronze à patine brune, 27.9 × 36.8 × 21.3 cm, USA, Metropolitan Museum of New York, N°inv. 1990.171 ;

-Camille Claudel, L’implorante (grand modèle), bronze à patine brune, 67 × 72 × 59 cm, Nogent sur Seine, Musée Camille Claudel, N°inv. 2010.1.15 ;

-Camille Claudel, L’âge mur, bronze à patine brune, 114 × 163 × 72 cm, Paris, Musée d’Orsay, N°inv. RF3606

 

Cette œuvre en bronze représentant une femme nue agenouillée, les bras tendus en signe d’imploration est l’une des œuvres les plus emblématiques de la sculptrice Camille Claudel. Elle se rattache au groupe de l’Age mûrsur lequel travaille l’artiste dès 1890.

L’Age mûr est une œuvre autobiographique, inspirée par la relation amoureuse tumultueuse de Camille Claudel et d’Auguste Rodin. L’artiste se représente, ici isolée, à droite du groupe, à genoux, défaite, rejetée par Rodin qui s’en va et la délaisse pour sa femme, Rose Beuret. Son frère, Paul Claudel, en 1951, décrie l’œuvre en ces termes bouleversant : « (…) cette jeune fille nue, c’est ma sœur ! Ma sœur Camille. Implorante, humiliée, à genoux, et nue !… Tout est fini ! C’est ça pour toujours qu’elle nous a laissé à regarder ! Et savez-vous ce qui s’arrache à elle, en ce moment même, sous vos yeux, c’est son âme ! C’est tout à la fois, le génie, la raison, la beauté, la vie, le nom lui-même ».

Le modelage de sa propre effigie rendu par la perfection technique de Camille révèle une belle intensité dramatique. Le regard est creusé, suppliant, comme perdu dans un immense désespoir. La nudité réaliste et sans concession, les mains robustes et immenses tournées vers le ciel ajoutent à l’attitude implorante le poids de la blessure et de la trahison.

Alors qu’une première version en plâtre de l’Age mûr avait été commandée par la Direction des Beaux-arts et présentée au Salon en 1899, elle n’est pas suivie de son édition en bronze. Le sujet semble autant déranger les représentants de l’Etat que les organisateurs de l’Exposition Universelle de 1900 qui refusent de l’exposer. Le personnage de Camille est finalement isolé du groupe pour devenir un sujet à part entière intitulé L’Implorante, sujet dont le marchand d’art et éditeur de sculpture Eugène Blot acquiert les droits de reproduction et qu’il édite en deux dimensions entre 1905 et 1937. La plus grande taille de 62 cm est diffusée à 10 épreuves numérotées, tandis que la petite taille de 28,5 cm est prévue dans un tirage limité à 100 épreuves. Cette édition s’est finalement réduite à 59 épreuves. Notre exemplaire numéroté 48 est une redécouverte.

25 octobre 2020 Hôtel des Ventes Bordeaux Quinconces 24, rue Ferrere - 33000 Bordeaux
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