Auguste Rodin (1840-1917)
Les Amants
Modèle créé vers 1885, réduction réalisée vers 1902-1903, cette épreuve entre 1903 et 1917
Épreuve en plâtre
Signée « A. Rodin » en haut à droite
H. 11,2 x L. 5,3 cm, dans un cadre en bois H. 18 x L. 11,5 cm
Provenance : Charles Masson, conservateur du musée du Luxembourg (probablement reçu en don de l'artiste, 1903-1917) ; par descendances.
Estimation : 15.000 / 20.000 €
Prix au marteau :
N° de lot : 171
-Antoinette Le Normand-Romain, Rodin la Porte de l'Enfer, Paris, Musée Rodin, 2002, pp. 42-43
-Ophélie Ferlier Bouat, Jérôme Godeau, Rodin / Bourdelle. Corps à corps, cat. Exp., Paris, musée Bourdelle, 2 octobre 2024-2 février 2025, Paris, Paris Musées, 2024, p. 163.
OEuvres en rapport:
-Auguste Rodin, Paolo et Francesca, vers 1880, mine de plomb, plume et encre brune, rehauts de gouache sur papier crème collé en plein sur un carton, dim. 19,4 x 14,5 cm, Paris, musée Rodin, inv. D.3763 ;
-Auguste Rodin, Couple enlacé, esquisse, vers 1880, terre cuite, dim. 13,1 x 8,4 x 7,1 cm, Meudon, musée Rodin, inv. S. 3895.
Autres exemplaires en plâtre :
-Auguste Rodin, Les Amants, plâtre couvert d’agent démoulant, Paris, musée Rodin, inv. S4040 ;
-Auguste Rodin, Les Amants, plâtre couvert d’agent démoulant, Paris, musée Rodin, inv. S4041 ;
-Auguste Rodin, Les Amants, vers 1902-1903?, plâtre couvert d’agent démoulant, Paris, musée Rodin, inv. 3291 ;
-Auguste Rodin, Les Amants, plâtre vernis, inscrit au crayon au dos : « A Loie / Rodin » dim.: 11,5 x L. 5,9 x P. 2,1 cm, Cleveland, The Cleveland muséum of art, inv. 1978-122 ;
-Auguste Rodin, Les Amants, plâtre, H. 11,3 x L. 7,1 cm, Paris, musée Rodin, inv. S4038 ;
-Auguste Rodin, Les Amants, plâtre patiné, H. 11,3 x L. 7 cm, Paris, musée Rodin, inv. S4039 ;
-Auguste Rodin, Les Amants, vers 1900, plâtre, H. 11,1 x L. 7,5 cm, Washington, National Gallery of Art, inv. 1942.5.23.
Un avis d’inclusion en vue de la publication du Catalogue Critique de l’OEuvre Sculpté d’Auguste Rodin actuellement en préparation à la galerie Brame & Lorenceau sous la direction de Jérôme Le Blay sous le numéro 2018-5770B sera remis à l’acquéreur Inspiré par l’histoire d’amour interdit entre Paolo Malatesta et Francesca da Rimini, Rodin imagine un couple consumé par une « passion dévastatrice » destiné à orner la partie basse du pilastre droit de La porte de l’Enfer dédié au « Cercle des amours ». Réalisée avant 1885, la composition de ce couple, figurant une femme assise sur un rocher enlacée par un homme accroupi vu de face, évoque le célèbre groupe Le Baiser (1881-1882), et, l’attitude de la figure féminine annonce la sculpture fragmentaire Cybèle réalisée en 1887. Si le thème du couple est très présent dans l’œuvre de Rodin au tournant du XXème siècle, il se retrouve également dans la production de Camille Claudel à une période où celle-ci est à la fois la praticienne, la collaboratrice, le modèle et l’amante du maître. On peut ainsi imaginer que le groupe Sakountala, exécuté vers 1886, fait écho aux Amants. Rodin conçoit deux versions de ce couple. La première s’inscrit dans un cadre plus large dans lequel le pied gauche de l’homme est levé et repose devant les genoux de la femme (inv. 1942.5.23) tandis que la seconde, plus étroite, impose une composition resserrée où les genoux de la femme touchent les bords du cadre contraignant ainsi le pied et la jambe de l’homme à se placer plus près de sa cuisse. Pour la Porte de l’Enfer, Rodin choisit cette deuxième version. Si l’édition en bronze est réalisée de manière posthume, des épreuves en plâtre sont exécutées dès 1900. Réalisé entre 1903 et 1917, ce plâtre provient de la collection de Charles Masson, conservateur du musée du Luxembourg entre 1925 et 1929. Comme Rodin en avait l’habitude lorsqu’il offrait certains de ses plâtres, l’oeuvre est signée de la main du maître, en haut à droite ; la signature est incisée d’un geste assuré et précis. Outre son état de conservation parfait, il s’agit de l’un des très rares plâtres de ce modèle signé par Rodin. Un autre exemplaire conservé au musée d’art de Cleveland porte une dédicace au crayon à la danseuse Loïe Fuller (inv. 1978-122).

