Jean Carriès (1855 - 1894)

Le Grenouillard

Plâtre patiné

35 x 41 x 42 cm

- Collection Léon Tixier -Collection Roger Tixier, son fils - Puis par descendance à sa petite-fille - Collection particulière, Paris

Estimation : 30.000 / 40.000 €

Prix au marteau :

Littérature en rapport :Arsène Alexandre, Jean Carriès imagier et potier, Paris, 1895
Amélie Simier (dir.), Jean Carriès : La matière de l'Étrange, cat. exp. Paris, Petit Palais, 2007 - 2008, p. 222, n° 138

Orphelin de Lyon, Carriès monte à Paris à dix-huit ans, et y poursuit sa formation de sculpteur au sein de l’école des Beaux-Arts, dans l’atelier d’Augustin Dumont. Passionné pour tous les types de matériaux, ses recherches quasi alchimiques sur le grès émaillé et les émaux, découverts à travers l’art japonais à l’Exposition Universelle de 1878 le mettent sur la voie d’une technique nouvelle d’émaillage aux finitions de patine très poussées dans son atelier de Saint-Amand-en-Puisaye. En 1892, Carriès envoie une version en grès de son Grenouillard au Salon. Le modèle semble avoir été créé dans le contexte du projet de porte monumentale dite « de Parsifal » pour Winnaretta Singer, devenue princesse de Scey-Montbéliard en 1887. L’artiste en produit ensuite des versions indépendantes en grès émaillé et en plâtre patiné qui s’inspirent du courant de pensée émergeant de Darwin et de l’art japonais qui fascine l’artiste. En témoigne notre remarquable exemplaire où le personnage dérivant d’un netsuke prend la même posture accroupie que la grenouille qu’il enlace. Avec sa silhouette trapue, ses yeux globuleux, sa colonne vertébrale démesurée, cet être mi-homme, mi-batracien s’intègre dans le célèbre bestiaire fantastique de l’artiste. Il se pourrait que l’artiste se soit inspiré de la légende japonaise de Gama Sennin, « L’immortel au crapaud » ou bien de la description physique de Kappa, un monstre du folklore japonais.François Tixier, père de Léon Tixier, fonde la parqueterie du Beau Soleil près de Saint-Amand-en-Pui-saye en 1875. Comme l’atteste une correspondance avec les céramistes actifs à Saint-Amand, la famille Tixier fournissait en bois brulé les artistes comme Carriès et Jeanne-ney. C’est ainsi que les objets que nous présentons aujourd’hui sont entrés dans la collection de cette famille, réputée pour la qualité de ses parquets en chêne et qui parti-cipa notamment aux restaurations ambitieuses de Versailles dans les années 1960.

Œuvres en rapport :
Jean Carriès, Le Grenouillard, plâtre patiné, 1892, H.: 34 cm, Chicago, The Art Institute, inv.2007.78
Jean Carriès, Le Grenouillard, grès émaillé, vers 1891, Paris, musée d’Orsay, H. : 31,50 cm, inv. OAO523
Jean Carriès, Le Grenouillard, grès émaillé, vers 1891, H. : 33 cm, New York, Metropolitan Museum of Art, inv. 2013.490

27 mars 2019 Artcurial - 18H Hôtel Dassault, 7 rond-point des Champs Elysées 75008
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