Ecole française circa 1710 d'après Antoine Coysevox (1640-1720)

La Renommée du Roi (La Renommée à cheval sur Pégase et Mercure à cheval sur Pégase)

Circa 1710
Deux groupes équestres en bronze à patine brune formant pendants
Fonte de François-Pascal Vassoult, maître fondeur à Paris et fondeur ordinaire du Roi, actif vers 1710.
Signé « F.P VASSOULT P. » (François Pascal Vassoult Père) sur la terrasse du Mercure monté sur Pégase
Bases en placage d’ébène mouluré à décor de filet en bronze doré d’époque Louis XIV
Manque le Caducée dans la main de Mercure, trompette de la Renommée déformée; accidents sur les bases

Oeuvre 1: H. 62 cm - L. 42 cm - P. 19 cm et Oeuvre 2 : H. 57 cm - L. 42 cm - P. 19 cm. - Socles : H. 24 cm - L. 57 cm - P. 34 cm. -H. totales avec les socles 86 et 81 cm.

Succession de Madame de B., Paris

Estimation : 60.000 / 80.000 €

Prix au marteau :

Littérature en rapport :-Georges Keller-Dorian, Antoine Coysevox (1640-1720), Catalogue raisonné de son œuvre, Aux dépens de l’auteur, Paris 1920;Tome II, pages 33 à 44.
Peut-être la paire de la vente Nicolaî de 1797, page 40, dont les dimensions et la description des socles correspondent : Les deux Renommées du palais National par Coysevox, d’une belle exécution, "placées sur un pied noir à filets de cuivre. Haut 24 pouces."

-François Souchal, French sculptors of the 17th and 18th Centuries. The Reign of Louis XIV, Illustrated Catalogue, vol. I (A à F),1977 , notices 77 et 78 ;
-Geneviève Bresc-Bautier et Anne Pingeot, Sculptures des jardins du Louvre, du Carrousel et des Tuileries, Editions RMN, 1986, II, p.132-138 ;
-Ss dir. Geneviève Bresc-Bautier et Guilhem Scherf, Bronzes français de la Renaissance au Siècle des Lumières, Musée du Louvreédition, Somogy Edition d’art, 2008.

Il s’agit de rares réductions en bronze d’après les sculptures exécutées en marbre de Carrare par Antoine Coysevox en 1698 à la demande de Jules Hardouin-Mansart, alors Surintendant des Bâtiments du Roi, pour orner le bassin de l’Abreuvoir du parc de Marly. Aujourd’hui conservés au Musée du Louvre (Inv.MR1822 et MR1824), les deux groupes en marbre forment une allégorie, La Renommée du Roi, qui s’inscrit dans la lignée et l’iconographie caractéristiques des grandes commandes de Mansart et Lebrun pour les domaines royaux de Versailles et Marly. Cette représentation imaginée par Coysevox a pour dessein de célébrer la prospérité du royaume après la signature de la paix de Ryswick en 1697. La Renommée et Mercure deviennent ici les symboles de la gloire du Roi, le montrant tour à tour guerrier et pacifique ; ses victoires sont illustrées par les trophées d’armes foulés par les sabots de Pégase, détails absents dans nos bronzes.

En ce début de XVIIIe siècle la délimitation entre les métiers de fondeur et sculpteur manque de netteté. Et si certains sculpteurs cumulent les deux fonctions, Girardon ou Van Clève en étant les meilleurs exemples, pour sa part, Coysevox ne semble pas s’être impliqué directement dans les travaux de fonderie. Pour autant, aucun contrat ou marché n’a été retrouvé entre lui et un quelconque fondeur. Durant cette période qui voit naître une nouvelle et grande vogue pour la statuaire en bronze, il est d’autant plus intéressant de mettre à jour la signature d’un fondeur pour le moins méconnu. La belle signature, inscrite dans la cire avant la fonte, ornant la terrasse de notre Mercure est celle de François Pascal Vassoult. Si très peu, voir presque rien, ne nous est parvenu sur cet habile fondeur, un acte notarié du 17 juillet 1710 (Registre des tutelles, Paris, 1er juillet1710/31 juillet 1710, cote : AN Y4203) rédigé en présence des plus renommés fondeurs de l’époque, Desjardin (1671-1737) et Langlois, mentionne notre homme comme fondeur à Paris et fondeur ordinaire du Roi, demeurant paroisse Saint-Germain de l’Auxerrois.

Nos bronzes sont fondus par la méthode de la cire perdue, certaines parties dont les ailes, quelques éléments de draperie et les terrasses, à part. Les reprises en ciselures à froid sont nettes, précises et abondantes, en particulier dans les ailes des Pégase et les terrasses naturalistes. Quelques accidents de fonte inhérents au mode opératoire ancien des coulées se voient habilement réparés et bouchés à différents endroits. Ces bronzes d’une remarquable maîtrise et d’un beau métier s’inscrivent dans un très restreint corpus d’œuvres exécutées d’après La Renommée du Roi d’Antoine Coysevox et fondues autour de 1700. Les exemplaires les plus connus sont aujourd’hui conservés au musée de Dresde et au Metropolitan Museum de New York.

29 mars 2019 Binoche & Giquello - Paris -14H15 Drouot-Richelieu - salle 1 et 2
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