Souabe ou Rhin inférieur, premier quart du XVIème siècle

La Dormition de la Vierge

Élément de retable figurant la Vierge et dix apôtres
Bois de tilleul polychromé
(Accidents et restaurations)

H. 70 x L. 91 x Pr. 32 cm

Ancienne collection Louis Loucheur (1872-1931) ; par descendance

Estimation : 50.000 / 80.000 €

Prix au marteau :

Littérature en rapport :-Martin Jugie, « La littérature apocryphe sur la mort et l'assomption de Marie à partir de la seconde moitié du VIe siècle » in Revue des Etudes byzantines, 1930, n°159, pp.265-295 ;
-Philippe Ariès, Essais sur l’histoire de la mort en Occident, Paris, 1975.
-Ss dir. Sophie Guillot de Suduiraut, Sculpture allemandes de la fin du Moyen Age, cat Exp. Musée du Louvre, Paris, 22 octobre 1991-20 janvier 1992, RMN, Paris ;
-Meisterwerke Massenhaft: die Bildhauerwerskstatt des Niklaus Weckmann und die Malerei in Ulm um 1500, cat. Exp. Württembergischen Landesmuseum Stuttgart, 11 mai-01 Aout 1993, Stuttgart, 1993;
-Jacques de Voragine, La Légende dorée, collection Sagesses, Edition du Seuil, 1998 ;
-Rainer Kahsnitz, Die Grossen Schnitzaltäre, Spätigotik in Süddeutschland, österreich, Südtirol, Hirmer, München, 2005 ;
-Bernhard Ridderbos, “Hugo van der Goes’s “Death of the Virgin” and the Modern Devotion: an analysis of creative process”, in Oud Holland, vol 120, n°1/2, 2007, pp.1-30;
-José María SALVADOR GONZÁLEZ “The Death of the Virgin Mary (1295) in the Macedonian church of thePanagia Peribleptos in Ohrid. Iconographic interpretation from the perspective of three apocryphal writings”, 2011, Mirabilia. Electronic Journal of Antiquity & Middle Ages, nº 13, julio-diciembre 2011, Institut d’Estudis Medievals, Universitat Autònoma de Barcelona,, p. 237-268.
-Damien Berné, Sculptures souabes de la fin du Moyen Age, Cat. Exp. Musée de Cluny, Paris, du 1er avril au 27 juillet 2015., RMN, 2015 ;
-Sophie Guillot de Suduiraut, Dévotion et séduction : Sculptures souabes des musées de France (vers 1460-1530), Somogy, Paris, 2015 ;
- José María SALVADOR GONZÁLEZ, “Iconography of The Dormition of the Virgin in the 10th to 12Th centuries. An analysis from its legendary sources”, vol 6, Eikón Imago 11, 2017, pp.185-230.

Lot 115

 

Réalisé dans le cadre de l’élaboration d’un décor monumental de retable par un atelier du sud de l’Allemagne, syncrétisme stylistique de ce qui plaisait le plus dans les arts souabe et haut rhénan tardo gothiques, notre scène de Trépas de la Vierge est remarquable par ses dimensions, sa rareté et sa relative complétude.

Selon les nouvelles aspirations spirituelles de la Dévotion moderne, elle est la transposition volontaire d’une scène hautement dogmatique en scène de funérailles, familière au début du XVIème siècle. Pourtant l’absence involontaire (?) des attributs nécessaires à l’extrême-onction associée à une recherche de monumentalité et de forte individualité donne à cette scène finalement synthétique une dimension spirituelle d’une incroyable intensité. Malgré (ou grâce ?) à l’absence de deux apôtres et peut-être d’un groupe supérieur représentant l’arrivée du Christ accompagné d’une cohorte d’anges recueillant l’âme de la Vierge, l’attention du spectateur se concentre sur l’animation de la scène générée par l’expression pudique d’émotions intenses diversement suggérées, et de ce fait, sur l’opposition patente entre la détresse des apôtres et le calme souverain de la Vierge. La confiance lumineuse qui irradie du visage de Marie semble annoncer que la mort n’est qu’un passage : pour la Mère de Dieu, un passage du temps à l’éternité, de la condition terrestre à la béatitude céleste. Cette manifestation divine place Marie au-delà de la résurrection de tous les humains, outrepassant le jugement dernier. Par cette image figurant l’élévation de son âme avant l’assomption de son corps, la Mère de Dieu devient le modèle de l’épreuve de la Mort. Elle offre l’assurance et la vision anticipée de la résurrection qui attend tous les hommes qui ont la Foi.

 

L’œuvre est issue de la collection de Louis Loucheur, homme politique sous la troisième République et amateur d’art et co-fondateur de La revue littéraire nabis, la Revue Blanche. Le groupe sculpté s’est transmis par descendance jusqu’à nos jours. Cet élément de retable exceptionnel passe pour la première fois sous le feu des enchères.

Un certificat d’exportation portant le n°220405 et le Artloss register seront remis à l’acquéreur.

 

Retrouvez la fiche de l’oeuvre complète ici.

Retrouvez le rapport d’étude préalable par Juliette Levy-Hinstin ici.

19 mars 2021 De Baecque et Associés Hôtel Drouot, salle 1
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