Aristide Maillol (1861-1944)

Harmonie

Modèle créé entre 1940 et 1944, fonte réalisée en 1965
Tête en bronze à patine brun clair
Signé du monogramme « M »
Porte le cachet « CIRE PERDUE C. VALSUANI »
Porte la mention « H.C »

H. 25 cm

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Estimation : 15.000 / 20.000 €

Prix au marteau :

N° de lot : 3

Littérature en rapport :Ss. Dir. Ophélie Felrier, Antoinette Le Normand-Romain, Aristide Maillol, 1861-1944, la quête de l'harmonie, cat. exp., Paris, Musée d'Orsay, 17 avril-21 août 2022, Paris, Gallimard, 2022 ;

Œuvre en rapport :
Aristide Maillol, Harmonie, 1943, plâtre original, H. 124 cm, Paris, collection Dina Vierny

Antoinette Le Normand-Romain, Nathalie Gallissot, Aristide Maillol, Henri Frère, Joseph-Sébastien Pons : une Arcadie catalane, cat. exp., Céret, Musée d’art moderne, 2 juillet-30 octobre 2016, Paris, Somogy éditions d’art, 2016, pp. 91-97.
Pendant la Seconde guerre mondiale, Aristide Maillol se retire à Banyuls et entreprend la réalisation d’une sculpture qui marquera la fin de sa vie : le portrait en pied de sa muse Dina Vierny qui l’a rejoint en février 1940 et qui pose pour lui depuis cinq ans. Pendant quatre années, Maillol travaille avec acharnement sur cette œuvre et réalise une vingtaine de versions. Son travail est interrompu en 1941 puis en 1943 par l’arrestation de Dina Vierny, soupçonnée d’aider des fugitifs à passer la frontière espagnole. À la disparition brutale de l’artiste en 1944, l’œuvre demeure inachevée. Seules diverses études en plâtre, en pied sans bras, un torse avec une tête, une tête et un masque, nous sont parvenues. La tête en bronze que nous présentons est une épreuve fondue par Claude Valsuani en 1965.
Bien que l’œuvre soit intitulée Harmonie, il s’agit pourtant du portrait de la jeune femme qui a précédemment incarné La Montagne ou encore, La Rivière. Lors des séances de pose quotidiennes, le dessein de Maillol se précise : il renoue avec la figure du modèle, Maillol ne travaille plus à partir de son imagination, il déclare à ce sujet : « Maintenant que je n’ai plus de mémoire, je ne puis rien faire sans le modèle ». Il réunit alors diverses inspirations : il s’appuie à la fois sur l’observation du corps de Dina et sur ses dessins réalisés avec Thérèse pour le haut et le bas du corps. L’équilibre et l’attitude sinueuse en « S » sont influencés par l’art antique et plus particulièrement par l’Apollon à l’omphalos admiré par le sculpteur à l’occasion d’un voyage à Athènes en 1908. Quant à l’expression méditative qui se dégage du visage et du léger sourire, on retrouve cette même plénitude dans la statuaire extrême-orientale qui a marqué Maillol lors des Expositions Universelles de 1889 et 1900.
En 1946, en hommage, deux ans après la mort de Maillol, un plâtre d’Harmonie, synthèse de la recherche d’une vie entière, est exposé au Salon d’Automne. « C’est mon portrait » disait Dina de cette sculpture, « et c’est son testament ».
Nous remercions Olivier Lorquin, Président de la Fondation Dina Vierny, de nous avoir confirmé l’authenticité de cette œuvre.

21 mars 2023 Giquello et associés Hôtel Drouot, salles 14 & 15
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