Martin-Claude Monot (1733-1803)

Guy Jean-Baptiste Target, avocat au parlement (1733-1807)

Buste en marbre blanc, signé et daté «Monot 1769»

H. 41,5 x L. 30,5 cm

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Estimation : 20.000 / 30.000 €

Prix au marteau :

N° de lot : 40

Littérature en rapport :
Exposition:
– Paris, Salon de 1769, n°232 du catalogue
Bibliographie:
Explication des peintures, sculptures, gravures de messieurs de l’Académie royale, Paris, imprimerie Hérissant, 1769
– Stanislas Lami, Dictionnaire des sculpteurs de l’école française au dix-huitième siècle, tome II, Paris, ed Champion, 1911, éd. Republiée 1970, t. II, 4, p.171.
Élève de Louis-Claude Vassé, lauréat du premier prix de sculpture en 1760, pensionnaire à Rome puis agréé à l’Académie royale en 1769, Martin-Claude Monot appartient à cette génération d’artistes faisant évoluer l’art du portrait vers un naturalisme néoclassique à la recherche d’une vérité psychologique. Réalisé l’année même de son agrément et présenté au Salon de cette même année 1769, ce buste en marbre représente l’avocat Guy Jean-Baptiste Target à l’âge de trente-six ans. Cette période correspond à l’ascension de la carrière du juriste, moment où il intervient dans les affaires des Jésuites et de la famille Calas et avant de devenir l’une des voix juridiques de la Révolution, député aux États-Généraux, signataire du serment du Jeu de Paume puis artisan du Code Napoléon. Monot représente l’homme de Loi «au naturel», sans perruque ni costume d’apparat. La tête est nue, le torse dévêtu, dans une simplicité d’une grande modernité qui annonce les portraits de Diderot par Houdon (1771, Paris, musée du Louvre, n°inv. RF348) ou de Voltaire par Pigalle (Voltaire nu, 1776, Paris, musée du Louvre, n°inv. ENT 1962.01). La chevelure, finement striée à la gradine, contraste avec la douceur polie de l’épiderme, et la légère torsion du buste. Conjuguée au regard lointain, elle confère au modèle une présence intérieure, entre vigilance intellectuelle et méditation. Critique du Salon, Diderot complimenta cette œuvre alors même qu’il appréciait peu le talent du sculpteur «Le portrait de l’avocat Target, où la reconnaissance a supplée le talent. J’aime bien que le cœur ait exécuté ce que le talent seul n’aurait su faire». L’auteur soulignant ici la sincérité de ce portrait d’amitié qui dégage une réelle présence intelligente. Le portrait se distingue d’autres effigies de Target réalisées plus tardivement, fixant les traits du jeune avocat promis à une carrière illustre. Il est vraisemblable que ce buste ait servi de modèle pour le médaillon de profil qui orne son tombeau au cimetière du Père-Lachaise érigé en 1833.
14 avril 2026 Giquello Hôtel Drouot, salle 1
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