Ecole française vers 1700 d'après François Girardon (1628-1715)

Apollon servi par les nymphes

Réduction en marbre blanc
Accidents (index de la main gauche anciennement cassé et recollé, décollé) et manques, petits accidents sur les bords du socle

H. 58 cm, sur un socle en marbre vert H. 10 x L. 52 x P. 33 cm

Provenance : Probablement l'oeuvre mentionnée dans la vente Harenc de Presle en 1792

Estimation : 15.000 / 20.000 €

Prix au marteau :

N° de lot : 70

Littérature en rapport :- Alexandre Pradère, L'objet d'art, n°441, 2008, « Harenc de Presle, un banquier collectionneur au siècle des Lumières », p. 68-77 ;
- Alexandre Maral, "Apollon servi par les Nymphes", le chef-d'oeuvre des jardins de Versailles, Collection « Versailles. État des lieux », Editions Artlys, 2017 ;
- Alexandre Maral, François Girardon, le sculpteur de Louis XIV, Paris, Arthena, 2015, pp.77 -96, et oeuvres répertoriées S36, p.468 , Sem 7 p.480, Sb1, p.507.

Oeuvre de référence:
– François Girardon et Thomas Regnaudin, Apollon servi par les nymphes, groupe, marbre, 1667-1674. Versailles, Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, inv. MR 1866.

Oeuvres en rapport:
-Girardon en collaboration avec Regnaudin, Apollon servi par les nymphes, groupe en bronze, H.59,5 x 78 x53 cm, Dresde, Staatliche Kunstsammlungen, Grünes Gewölbe, inv.IX-23;
– D’après Girardon, anonyme italien du XVIIIème siècle, Apollon à la lyre d’après Apollon servi par les Nymphes, 1760 – 1790, marbre, marché de l’art italien.

Cette importante figure d’Apollon est une rare réduction en marbre du personnage central du groupe Apollon servi par les Nymphes sculpté par François Girardon et Thomas Regnaudin entre 1667 et 1675 pour orner la grotte de Téthys dans les jardins du château de VERSAILLES. Cet ensemble qui comprenait également les Chevaux du soleil de Balthasar et Gaspard Marsy s’inscrit dans le grand chantier de l’aménagement des jardins de Versailles à partir de 1666. Le « groupe d’Apollon » qui a pour référence les Métamorphoses d’Ovide, source d’inspiration littéraire majeure pour les artistes de Versailles, est assurément un chef-d’œuvre majeur de l’histoire de la sculpture. A ce titre il est aujourd’hui conservé à l’intérieur du château: son état de conservation menacée par l’érosion étant devenu incompatible avec son dernier emplacement dans les jardins sur le rocher factice dessiné par Hubert Robert au milieu du XVIIIème siècle. Le projet iconographique était de montrer une image divinisée du roi Louis XIV sous les traits d’Apollon calme et impassible, entouré et soigné par les nymphes, cherchant repos à Versailles après avoir œuvré pour le bien et la justice en son royaume. Les frères Charles et Claude Perrault, tout autant architectes qu’académiciens associés au chantier, puis Charles Lebrun, premier peintre du roi , enfin les deux sculpteurs Girardon et Regnaudin se sont tour à tour appropriés la paternité de l’allégorie royale. Il est aujourd’hui admis que ce groupe est le fruit d’un travail d’équipe sous l’égide du surintendant des Bâtiments du roi, Jean-Baptiste Colbert. Notre marbre ne reprend que le personnage central de « l’Apollon-Louis XIV » dont la morphologie est inspirée du célèbre Apollon du Belvédère. On retrouve la beauté simple, la jeunesse triomphante et la musculature peu marquée du célèbre antique qui manifeste une image glorieuse et éternelle du monarque. Au regard de la notoriété du groupe et de sa réception enthousiaste au moment de sa présentation au publique, on ne connait étonnamment que peu de reprises du modèle en réduction. La plus célèbre est la version en bronze achetée par Raymond Leplat en 1715 pour le compte d’Auguste le Fort, aujourd’hui conservée à Dresde. Cet impressionnant groupe est aujourd’hui considéré par Alexandre Maral, non pas comme une réduction en bronze postérieure au monumental marbre de Versailles, mais comme une première version ayant servi de modèle préparatoire. Une autre est mentionnée dans le célèbre Guide des amateurs et voyageurs étrangers à Paris de Luc -Vincent Thierry dans la collection de François-Michel Harenc de Presle (1710-1802). Dans le catalogue de la prestigieuse vente de cette collection le 16 avril 1792, il est mentionné sous le n°179 : Girardon, Apollon ; le même que celui des bains de Versailles. Il est vu assis, indiquant de la main gauche ; ce joli marbre est d’une beauté rare & d’une exécution précieuse. Le bout du doigt index a été restauré. Hauteur 21 pouces, largeur 14 p. Il est tout à fait probable qu’il s’agisse de notre marbre.

27 juin 2026 Camper - Dabernat Corbeil-Essonnes
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