Sèvres, un présent royal au Shah
Gazette Drouot n°25
Vendredi 26 juin 2026
Les arts décoratifs de la monarchie de Juillet avaient la cote, comme en témoigne un fastueux service heureusement préservé dans son intégralité. Les portraits de Carmontelle rencontraient aussi un joli succès.
Choisir des porcelaines de Sèvres comme présents diplomatiques ne date pas d’hier. Louis XV avaient déjà amorcé cette tendance sous son règne, et Louis-Philippe (1830-1848) n’a pas dérogé à la règle. C’est en 1839 que le souverain jette son dévolu sur le déjeuner de l’« Éloge de la rose » – entré au magasin de la manufacture quatre ans plus tôt – pour l’offrir au shah de Perse, Mohammad Chah Qâjâr (voir Gazette no 22, page 28). Ayant entre-temps perdu son plateau, une tasse et ses soucoupes, ce déjeuner risquait d’être plus démembré encore si un acheteur étranger ne s’était mis en tête de s’offrir toutes les pièces présentées. C’est ainsi qu’il a dépensé 54 477 € pour conserver l’ensemble intact – comptant encore un pot à lait, trois tasses et un pot à sucre –, 20 704 € revenant à la seule théière. On remontait au XVIIIe siècle avec Louis Carrogis dit Carmontelle (1717-1806), dont deux feuilles aquarellées rencontraient un joli succès. Ces portraits de membres de la haute société (voir Gazette no 23, page 57), demeurés dans la descendance des modèles, partaient bien au-delà des attentes. Le premier, regroupant quatre personnages, une rareté dans l’œuvre du portraitiste, décrochait 69 876 € – au quadruple de son estimation haute –, tandis que le second, plus classique dans sa composition, acceptait 32 350 €. On signalera également la belle envolée pour un buste en plâtre patiné à l’imitation du bronze à l’effigie du Général Jean-Baptiste Bernadotte (h. 80 cm), par Giuseppe Ceracchi (1751-1801), emporté à 46 584 € sur une estimation haute de 5 000.
JEUDI 18 JUIN, SALLE 14-15 – HÔTEL DROUOT. AUDAP & ASSOCIÉS OVV. M. FROISSART, CABINETS DE BAYSER, LACROIX – JEANNEST.
