L’une des premières femmes sculptrices
Gazette Drouot n°34
Vendredi 02 octobre 2026
Trois groupes en terre cuite signés par Clémence-Sophie de Sermézy, provenant d’une collection particulière, évoqueront la production intimiste ou allégorique de cette artiste lyonnaise néoclassique.
Issue de la haute société lyonnaise, Clémence Daudignac se marie avec Marc Antoine Noyel de Béreins, comte de Sermézy. Très cultivée, elle mon- tre un fort penchant pour la littérature et les arts. Entre 1794 et 1799, elle se forme auprès de Joseph Chinard, sculpteur néoclassique. Elle commence sa production par des portraits en buste de personnalités de la bourgeoisie lyonnaise qu’elle reçoit dans son atelier place Bellecour, parmi lesquelles Germaine de Staël ou Juliette Récamier. Dans les années 1820, elle s’oriente vers de petits groupes en terre cuite illustrant des scènes de genre, des sujets religieux ou allégoriques. Trois exemples, illustrés ci-contre, en seront propo- sés avec Joseph et l’Enfant Jésus accompagnés de saint Jean-Baptiste (23 x 17 x 13 cm) de 1842, dont on attend 800/1 000 €, ou L’Union conjugale (30 x 16 x 10 cm) de 1827 à 2 000/3 000 € . Prisée 3 000/4 000 €, La Consola- tion est passée par la collection Maurice Delorme avant d’être acquise par son actuel propriétaire, le 14 décembre 2021, à Drouot (Giquello). Portant l’inscription « après le 13 février 1820 », cette œuvre témoigne de la fidèle orientation politique de la sculptrice, cette date étant celle de l’assassinat du duc de Berry, héritier potentiel au trône de France. L’artiste n’a ni signé ni titré cette terre cuite, véritable manifeste royaliste. Elle a dû vouloir éviter des conséquences fâcheuses, notamment depuis le sac de son atelier en 1815 par l’Armée des Alpes.
JEUDI 8 OCTOBRE, LYON. CONAN BELLEVILLE HÔTEL D’AINAY. CABINET LACROIX – JEANNEST.
