Instantané de Bonnard et sculpture de Degas
Gazette Drouot n°25
Vendredi 26 juin 2026
Deux grands noms de l’art du XXe siècle étaient salués, chacun avec une œuvre emblématique de sa production, résultat d’une observation attentive.
Tout en hardiesse, tant dans la composition dénuée de perspective que dans la palette aux couleurs franches, cette huile sur papier marouflé sur panneau de Pierre Bonnard (voir couverture et page 6 de la Gazette nà 23) ne pouvait laisser indifférent. Solidement estimée 200 000/300 000 €, elle décrochait ainsi 388 200 €. Inscrit dans la production urbaine – et plus spécialement parisienne – de l’artiste, Au café fut vraisemblablement réalisé vers 1901, peu de temps avant que l’ex-nabi « très japonard » ne succombe à la lumière du Sud. Répertoriée dans le Catalogue raisonné de l’œuvre peint de Jean et Henry Dauberville sous le no 01834, l’huile montre l’intérieur d’un café de la capitale dont les éléments et les personnages sont traduits par de larges aplats de pinceau : les femmes aux larges chapeaux et vêtues de robes plus ou moins vives, un homme coiffé d’un haut- de-forme, un chat au premier plan et les fameuses chaises de bistrot, reconnaissables à leur dossier tout en courbes. Le peintre offre ainsi un instantané de la vie parisienne qu’il affectionne tant. C’est un autre moment suspendu que livrait Edgar Degas (1834-1917) avec Danseuse, arabesque ouverte sur la jambe droite, bras droit à terre, dont une épreuve en bronze emportait 298 800 €. Jamais localisée jusque-là (voir Découverte de la Gazette n° 22, page 22), la sculpture illustre le talent de l’artiste dans ce domaine, qui ne fut découvert qu’après sa mort. Reposant sur une observation minutieuse du mouvement du corps de la danseuse, dont il saisit les gestes sûrs et accomplis, le bronze fut fondu en 1919 et relève d’une édition posthume établie par les héritiers et le fondeur Hébrard en 1918. Celui-ci porte le n° 2 et l’inscription « HER D » sur la terrasse, indiquant qu’il était réservé à la descendance du maître. Sa réapparition constituait ainsi un événement sur le marché de l’art, quand on sait que la plupart des sculptures de Degas se trouvent dans les plus prestigieux musées internationaux..
VENDREDI 19 JUIN, SALLE 7 – HÔTEL DROUOT. BLANCHET & ASSOCIÉS OVV. CABINET LACROIX – JEANNEST.
Edgar Degas (1834-1917), Danseuse, arabesque ouverte sur la jambe droite, bras droit à terre, modèle original en cire créé entre 1882 et 1895, épreuve en bronze à patine brun-noir, fonte à la cire perdue, édition de 20 épreuves numérotées de A à T et de deux numérotés « HER »et « HER D » à partir de 1919, signé « Degas » en creux sur la terrasse, porte le cachet de l’éditeur « cire perdue / A.A. Hebrard », le numéro du modèle et de l’exemplaire 2, h. 27,5, terrasse 38 x 11, l. totale 42,5 cm, poids 3,3 kg env. Adjugé : 298 800 €
