RECORDS ET PRÉEMPTIONS POUR HENRY DE TRIQUETI
Gazette Drouot n°7
Vendredi 20 février 2026
Les œuvres du sculpteur, et de son élève Susan D. Durant, attiraient collectionneurs comme institutions. Provenant du château du Perthuis, fief de la famille du baron Henry de Triqueti depuis la fin du XVIIIe siècle, les œuvres retraçant le souvenir intime du sculpteur, qui fut professeur de la fille de la reine Victoria, totalisaient 1,37 M€ pour 96 % de lots vendus. Mis à l’honneur en couverture (et page 6) de la Gazette 2025 n° 45, ce groupe en ivoire figurant La Miséricorde divine accueillant le Repentir recevait l’hommage des enchères à 527 500 €, soit au quintuple de l’estimation haute. Il s’agit d’un record mondial pour une œuvre de l’artiste, le précédent revenant à Mother and Child, un marbre de 1857 emporté pour 139 735 € à Édimbourg chez Lyon & Turnbull il y a tout juste un an (source : Artprice). Associant idéal de beauté néoclassique et fraîcheur naturaliste, le buste en marbre blanc d’une Muse (h. 53 cm), couronnée de lierre et posée sur une base hexagonale plaquée de marbre vert, quadruplait l’estimation haute pour atteindre 211 000 € – obtenant la deuxième place mondiale pour une œuvre du sculpteur. Cette figure angélique, digne des inspiratrices de Dante, que l’artiste admirait, date de 1856. Terres cuites originales avec ajouts de plâtre, rehaussées de couleurs et d’or, Deux anges agenouillés tenant des encensoirs (26 x 15 x 11 et 24 x 16 x 11 cm) façonnés en 1852 (voir Gazette n° 2, page 16) s’envolaient à 98 906 €. Neuf lots ont été préemptés (voir page de droite) au profit des Beaux-Arts de Paris, du musée des Arts décoratifs, de l’INHA, du musée Girodet de Montargis et des archives municipales, du musée des beaux-arts d’Orléans et de la bibliothèque Méjane d’Aix-enProvence. Offerts par Victoria de Prusse à Triqueti, le vase en terre cuite et les bas-reliefs de Lady Jane Grey et Mary Stuart (voir pages 18 et 20 de la Gazette susmentionnée) ne trouvaient pas preneur.
Sculpté en 1869 par Susan D. Durant (1827- 1873), ce buste (h. 73 cm) en marbre blanc de Ruth enrichit les collections du musée des beaux-arts d’Orléans moyennant 197 813 € – un record pour cette artiste rare (source : Artprice). Il illustre l’influence et l’admiration réciproques entre Triqueti et cette Britannique, qui fut son élève, puis son amante et eut de lui un fils l’année où fut taillée l’image de l’héroïne biblique. L’œuvre fait écho au programme ornemental de Triqueti pour la chapelle Wolsey du château de Windsor, valorisant les actions de la reine Victoria et de son époux à travers les grandes figures de l’Ancien Testament. Exposée en 1869 à la Royal Academy, cette douce effigie y fut très remarquée.
Vers 1852, l’artiste a taillé dans le marbre blanc le portrait en buste-médaillon de sa fille, Blanche de Triqueti (1837-1886) (h. 58 cm – Voir Gazette no 2, page 17). L’œuvre obtenait 31 650 €, et était préemptée par le musée Girodet de Montargis. Moyennant 7 913 €, les archives municipales s’enrichissent quant à elles d’un recueil titré Le Perthuis pendant la Guerre, 1870-1871. Il renferme 35 documents et lettres, dont dont huit missives d’Henry de Triqueti portant sur l’occupation prussienne dans le Gâtinais, et l’action du baron pour protéger ses concitoyens.
JEUDI 12 FÉVRIER, SALLE 9 – HÔTEL DROUOT. ADER OVV. CABINETS LACROIX – JEANNEST, DE BAYSER.
