Alfred Auguste Janniot (1889-1969)

Torse de Cécile

Modèle créé entre 1927 et 1929, notre exemplaire fondu après 1930
Bronze à patine brun clair
Signé « A. JANNIOT » et porte la marque du fondeur « Alexis Rudier »

H. 77 cm

Collection Paul Gellos; par descendance, Toulouse

Estimation : 20.000 / 30.000€

Prix au marteau :

Littérature en rapport :

Lot 324

 

Élaboré entre 1927 et 1929, ce torse de femme, dit de Cécile, du prénom de l’épouse de Janniot, occupe une place singulière dans l’œuvre de l’artiste. Janniot travaille à ce torse après l’Hommage à Jean Goujon qu’il réalise à Rome. A la demande de Jacques-Émile Ruhlmann, le groupe prend place devant « l’hôtel d’un très riche collectionneur », un des pavillons les plus visités lors de l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs. Le sujet de cet hommage, les Trois Grâces, et l’artiste auquel il est rendu illustrent déjà parfaitement les lignes directrices de l’œuvre de Janniot : un regard attentif porté sur l’antique, sur ses thèmes et ses canons, à la lumière des sculpteurs de la Renaissance à laquelle s’ajoute une dimensions précieuse et décorative nouvelle inaugurant une nouvelle ère artistique, celle de l’Art Déco.

Cet hommage, ô combien révélateur du renouveau de la sculpture de l’entre-deux guerres, par une réappropriation du classicisme figuratif, donne au sculpteur une renommée puissante à laquelle reste toutefois attaché l’épithète décoratif.

L’année 1925 pose donc les bases de la sculpture de Janniot ; l’année 1931, avec le décor du Palais des Colonies, vient quant à elle mettre fin au regard réducteur posé sur sa sculpture, parfois limité à une appréciation décorative, pour consacrer Janniot au rang de sculpteur monumental.

Le torse de Cécile prend alors tout son sens en tant que recherche artistique et aboutissement sculptural. Janniot explore le corps féminin d’une nouvelle manière, avec vérité, se détache de la nécessité décorative pour en extraire l’essentiel. Il étudie le corps féminin avec une rigueur nouvelle, visage, chevelure, jambes et bras disparaissent comme pour évincer tout ce qui relèverait de l’ornement. Louis Vauxcelles, au Salon des Tuileries de l’année 1929 (Excelsior, 10 mai 1929, p.5), prend conscience de cette nouvelle voie qui s’engage : « Le torse de Janniot est d’une réelle beauté ; cet artiste, engagé quelque temps dans une impasse, a enfin compris que le style ne s’acquiert qu’à force de fervente observation de la nature ; il est revenu à la vérité ».

Ce bronze porte la marque du fondeur Alexis Rudier. La fonderie est reprise par son fils, Eugène Rudier, en 1897. Il n’existe que de rares épreuves anciennes, contemporaines de l’artiste.

14 décembre 2020 Catherine Chausson 16, rue Boulbonne - 31000 Toulouse
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