Alexander ARCHIPENKO (1887-1964)
Portrait d’Eugénie Marcuson (1882-1972)
Vers 1920
Buste en plâtre.
Signé "Archipenko" sur la tranche avant.
Sur plusieurs plans zones de grattage en stries parallèles, quelques usures du badigeon, petits accidents sur les parties saillantes, petites rayures au nez, restauration de l'angle antérieur droit.
H. 45 x L. 25 x P.25 cm
Provenance : Commandé à Archipenko par Monsieur Marcuson en 1920 à Berlin ; Par descendances
Estimation : 17.000 / 19.000 €
Prix au marteau :
N° de lot : 45
-Archipenko, Catalogue of exhibition and description of Archipentura, The Anderson Galleries, New York, 1928;
-Alexander Archipenko, Archipenko Fifty Creative Years 1908-1958, New York, TEKHNE, 1960;
- Katherine Jànszky Michaelsen, Archipenko: a study the early works, 1908-1920, New York : Garland Pub, 1977;
-Donald Karshan, Archipenko Sculpture, Drawings and Prints, 1908-1963, Centre College, Danville, Kentucky with Indiana University Press, 1985;
-Katherine Jànsky Michaelsen, Nehama Guralnik, Alexander Archipenko a Centennial Tribute, Cat. Expo tenue du 16 novembre 1986 au 16 février 1987, à la National Gallery of Washington et du 12 mars au 13 juin 1987 au Tel Aviv Museum, Museum of art Tel Aviv Edition, 1986 ;
-Anette Barth, Alexander Archipenkos platistiches Oeuvre, 1. T. Seine Bedeutung für die Skulptur des 20. Jahrhunderts unter besonderer Berücksichtigung der Lichtplastiken 2. T. Werkverzeichnis Éditeur Frankfurt am Main; New York, Peter Lang, Europaïscher Verlag der Wissenchadften, 1997;
-Ss dir. Ralph Melcher, Alexander Archipenko, Cat. Expo tenue du 18 Octobre 2008 au 18 Janvier 2009, Saarlandmuseum Saarbrücken, Stiftung Saarländischer Kulturbesitz Saarlandmuseum, 2008, pp.29-32;
-Vita Susak ,“The Swiss Secrets of Alexander Archipenko”, in Harvard Ukrainian Studies, 2019, Vol. 36, No. 3/4 (2019), pp. 415-446.
Œuvres en rapport:
– Alexander Archipenko, Double Portrait (Mr. and Mrs. Falk), 1920, Sculpto-peinture, dim. 75 x 50 x 43 cm, Collection of the Tel Aviv Museum of Art. Gift of the Goeritz Family, London, 1956, in memory of Erich Goeritz.
– Alexander Archipenko, L’épouse de l’artiste, 1922, buste en marbre, Museum of fine Art, Leipzig;
-Alexander Archipenko, Tête feminine (Angelica Archipenko), modèle créé en 1922, bronze à patine verte, fonte après 1964, dim.53.3 × 16.5 × 20.3 cm, Yale University Art Gallery, n°1982.107.
Bibliographie :
–Die Kunst Monatshefte für freie & angewandte Kunst 24, no. 2 (November 1921), ce buste reproduit p. 45.
« …Dans les arts plastiques, Archipenko a la même importance que Picasso dans l’art pictural. Tous deux se sont aventurés sur les chemins périlleux des nouveaux éléments et des nouvelles formes, et tous deux les ont conquis, devenant ainsi des figures de proue d’un grand siècle.» Iwan Goll, Archipenko Album, Paris 1921
En 1908, Alexander Archipenko quitte l’Ukraine pour Paris et découvre le cubisme. Il est attiré par la radicalité des possibilités formelles de la sculpture dans ce nouveau courant artistique. Au début de la Première Guerre mondiale, il s’installe à Nice, où il développe une approche unique de la sculpture, mêlant des éléments du cubisme à des aspects du constructivisme russe. Cette synthèse inédite entre peinture et sculpture qu’il nomme « sculpto-peintures » lui ouvre la voie du succès. Au début des années 1920, il est considéré par la critique européenne comme l’un des plus talentueux sculpteurs de sa génération.
Les années 1919-1920, période pendant laquelle il réalise ce buste, marquent le début de la reconnaissance internationale d’Archipenko. A l’automne 1919, son exposition personnelle itinérante s’ouvre à Genève, puis à Zurich avant de s’arrêter dans de nombreuses villes allemandes, Berlin, Dresde, Wiesbaden, Hanovre et Munich. Est-ce à cette occasion que monsieur Marcuson commande le buste de son épouse Eugénie Marcuson à l’artiste ? Ce couple est-il en relation avec Sally Falk, ce collectionneur suisse qui devient alors le principal mécène de l’artiste et qui commande également un portrait avec son épouse ?
Ce buste en plâtre inaugure une série de portraits de personnalités contemporaines réalisés pendant la décennie 1920. Ce portrait de femme qui surgit de formes simplifiées et géométriques est précurseur aux nombreux portraits que l’artiste exécute de sa nouvelle épouse, la sculptrice allemande Angelica Schmitz (dit aussi Gela Foster) dans les années 1920-1925. Il réalise aussi des portraits des célébrités qu’il rencontre d’abord en Europe et puis aux Etats-Unis: on compte parmi eux, les portraits des musiciens et chefs d’orchestre Francesco Mendelson, Willem Mengelberg et Wilhelm Fürtwängler, celui du Dr. Fritz Wichert, premier directeur de la Kunsthalle de Mannheim, des politiciens Charles Evans Hughes Secrétaire d’Etat des USA et du sénateur Medill McCormick. Parmi les portraits féminins il faut citer celui de la sculptrice et femme d’affaire Miss Mary Einstein Wright ou encore celui de la princesse Norina Matchabelli, actrice et co-fondatrice de la ligne de parfum Prince Matchebelli dont la composition est très similaire à notre buste.
Au début de la décennie 1920, l’art d’Archipenko marque un virage vers un style plus figuratif, qui peut être compris comme une réponse tardive à l’expérience de la guerre et, comme un appel au « retour à l’ordre ». La pratique du portrait s’inscrit dans cette nouvelle exploration, tout en répondant par le biais de la commande à des besoins financiers.

