Richard Guino (1890 - 1973)

Portrait de famille

Décennie 1910
Plâtre
Petits éclats, salissures et restaurations

H. 32,5 cm, terrasse L. 24,8 x P. 25 cm

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Estimation : 1.500 / 2.000 €

Prix au marteau :

N° de lot : 34

Littérature en rapport :Pascale Picard-Cajan, Antoinette Le Normand-Romain, Guino, Renoir : la couleur de la sculpture, cat. Exp., Perpignan, musée Hyacinthe Rigaud, 24 juin-5 novembre 2023, Milan, Silvana editoriale, 2023, pp. 43-45, pp. 152-159.

Figurant une mère assise dans un fauteuil entourée de ses deux filles, la plus jeune assise sur ses genoux, cette épreuve en plâtre s’inscrit au coeur de la réflexion de Richard Guino autour du thème de la maternité. Arrivé à Paris en mai 1910, Guino s’installe rue Daguerre dans le XIVème arrondissement et fréquente l’Académie Ranson, où enseigne Aristide Maillol. Celui-ci a reconnu le talent du jeune artiste catalan qui l’assiste pour la création des Saisons, l’encourage à exposer et lui obtient la réalisation de bas-reliefs pour le théâtre des Champs-Elysées, d’après les maquettes de Maurice Denis. Parallèlement à son travail auprès de Maillol et Denis, Guino poursuit une oeuvre personnelle. Dès les années 1910, Guino explore le thème de la Maternité, nous pouvons imaginer que cette recherche fait écho à l’espoir d’un enfant au sein du couple qu’il forme avec Eulalie Verdier. A travers son premier groupe Petite Maternité en terre cuite émaillée réalisé en 1911, on retrouve nettement l’influence de Maillol mais aussi l’originalité de ses recherches sur la couleur. En 1916, au cours de leur collaboration, Auguste Renoir demande à Guino de transposer en sculpture l’une de ses toiles représentant sa femme avec leur fils Pierre, donnant naissance à Maternité. En 1920, à l’issue de cette collaboration, Guino reprend le thème à travers Mère et Enfant ou Grande Maternité qu’il adapte en plâtre, en terre cuite émaillée ou encore en bas-relief avec Enfant au sein. ll se pourrait que cette oeuvre soit un portrait de famille. Il s’agirait peut-être de Félicie Verdier, épouse d’Aimé Verdier, frère de sa compagne Eulalie, et de leurs filles Simone et Micheline. On connait des dessins et des photographies dans l’atelier du sculpteur vers 1914 figurant sa nièce Simone. Dans la correspondance échangée entre les deux beaux-frères, Aimé Verdier, alors prisonnier de guerre, remercie Guino pour les portraits de sa fille.

Nous remercions les cogérants de la Succession Richard Guino pour l’aide à la rédaction de cette notice. A leur demande, nous rappelons que cette œuvre est protégée et sa reproduction interdite, son édition étant limitée aux ayant droit de l’artiste.

10 février 2026 Baron Reverdito Hôtel Drouot, salle 4
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